[Interview] Julien FONTENEAU: "J’accompagne mes clients dans leur transformation digitale"

Posted by Catherine MB&Scott

 

Dans le cadre de notre opération 'Culture Consultant', MB&Scott a interviewé Julien FONTENEAU de Jfo Conseil, réalisateur de valeur indépendant.

Bio express 

 

J’accompagne mes clients dans leur transformation digitale grâce à une solide expérience de la gestion de projet (contexte agile ou cycle en V) et une forte expertise ECM (BPM, GED, Archivage et Dématérialisation).
Ma certification en Marketing Digital (ESCP Europe), me permet d'accompagner au mieux mes clients dans un monde en évolution constante. Les ateliers que je propose, grâce à l’étude des neuro-sciences, du coaching et des des jeux innovants, sont des facteurs de réussite dans ces expériences enrichissantes.

Question 1 : Pouvez-vous nous donner VOTRE définition de "consultant" en quelques mots ?

 

Le consultant est tout simplement celui qui conseille. C’est un rôle différent de celui de Chef de Projet ou de Product Owner qui sont eux dans l'opérationnel et la réalisation concrète du projet.
Quand on demande conseil à quelqu’un, on suppose que ce dernier est un expert sur le sujet qui nous préoccupe. C’est souvent le cas mais le conseiller le plus utile au client est parfois celui qui ne vient pas avec des recettes toutes faites mais celui qui apporte simplement un regard extérieur et qui ouvre les perspectives de son client, à la manière d’un coach qui lui n’est pas nécessairement un expert.
Le consultant est donc, à mon sens, le juste milieu entre le Chef de Projet traditionnel, qui réalise du concret et le coach qui permet au client de trouver ses propres solutions et de sortir de son système de référence.

 

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Question 2: Consulter un expert renvoie à une notion "d'accompagnement", de "théorie". N'est-on pas trop loin du concret?

 

Le risque que j’ai rencontré le plus souvent, que ce soit du point de vue du client ou de celui du consultant, c’est de se tromper d’objectifs dans la définition de la mission. On peut voir cela comme un risque si on attend du travail de conseil un résultat pratique, concret et définitif mais si le client consulte uniquement dans le but d’avoir un avis extérieur, sans appliquer obligatoirement le conseil, c’est son droit et il ne se trompera pas en se faisant. Je trouve même que c’est plutôt sain de dissocier le conseil, qui vient dans le temps de la réflexion, de la réalisation, qui vient dans un autre temps (ce principe fait d’ailleurs également la recette d’une séance de brainstorming réussie). J’ai vu des consultants frustrés de ne pas voir appliquer leur conseils, ou des clients qui attendaient des solutions toutes faites de la part du consultant (ou même parfois d’un simple formateur, comme ce fut le cas pour ma part lors d'une formation BPM que j'ai donnée il y a quelques années) mais je pense qu’il faut prendre la juste mesure de la nature des phases dans la concrétisation d’objectifs et accepter avec humilité son rôle, à un moment donné, car les acteurs sont nombreux et les projets humains complexes. Réussir un changement passe également par une phase d'imprégnation et les changements ont plus de chance d’être concrétisés quand ils viennent naturellement de la part du client, plutôt que lorsqu’ils sont imposés par un acteur externe.

Il est aussi possible, pour une seule personne, d’avoir plusieurs rôles distincts, à différents moments, pour un même client. Le plus important, c’est de tenir le rôle qu’on a en fonction du moment, à l’image d’un joueur d’échec qui jouerait seul et retournerait l’échiquier après chaque coup. Il faut également, si possible, définir des objectifs SMART associés à chacune de ces activités distinctes. Il m’est arrivé, pour un seul et même client, d’exercer une mission de Chef de Projet pendant une première phase puis de passer Coach Agile avant de basculer vers un rôle de Product Owner, puis Scrum Master parce que c’était le moyen le plus efficace de réaliser les objectifs du client, de manière pérenne et dans son contexte particulier. J’ai même eu l’opportunité d’exercer de manière ponctuelle des séances de coaching; c’est un peu un jeu de rôle, ou d’acteur, mais c’est essentiel à la réussite d’une mission ou d'un projet. On retrouve d’ailleurs fréquemment cette insistance de la part de développeurs ou d'acteurs MOE qui demandent au métier: “mais quel est le besoin métier ?” sous entendu: "laisse moi trouver la solution, c’est mon rôle, le tiens c’est de connaître les problèmes du métier". Cette dichotomie est très saine pour la réussite d’un projet.

 

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Question 3: On entend beaucoup de consultants parler de se mettre à leur compte. A votre avis pourquoi ?

 

Difficile de faire des projections sur les raisons qui poussent certains consultants à s’exprimer ainsi mais on sait que les raisons qui font le bonheur des indépendants, une fois qu’ils sont à leur compte sont variées: l’absence de hiérarchie, la liberté dans le choix et la durée des missions, l’augmentation des revenus... Les consultants qui ont ce discours aspirent sans doute à atteindre ces objectifs.
Si ils en parlent sans le réaliser, c’est que quelque chose les freine, et compte tenu des avantages perçus à être à son compte, il serait dommage pour eux de passer à côté de cette option pour les mauvaises raisons. Il n’y a qu'une enquête qui permettrait de le découvrir et je pense que les résultats pourraient être très surprenants et instructifs.

Question 4: Quel avenir peut-on imaginer pour un consultant ? Une vie est elle possible après le conseil ? 

 

Je pense qu’un bon consultant est quelqu’un qui apporte un riche retour d’expérience tout en sachant qu’il ne détient pas de vérité absolue ou de solution toute faite sur le problème rencontré par le client. Bien sûr, cela peut être le cas, mais la solution imaginée par le consultant avec son système de référence n’est pas nécessairement applicable au client en l’état, et même si c’était le cas, elle ne sera pas nécessairement acceptée par le client telle quelle, surtout si le consultant répète sans cesse le nom d’un concurrent pour justifier du bon à propos de la solution qu’il propose. L’important, me semble-t-il, c’est de permettre au client de devenir capable de gérer de manière autonome les nouveaux enjeux de son business sans avoir besoin de consultants. Le métier de consultant n’est pas un aboutissement car ce dernier peut toujours apprendre de ses nouvelles expériences et évoluer vers le métier qui lui ressemble en fonction de sa maturité. Nous sommes dans un monde qui évolue et où la seule chose qui soit vraiment constante c’est le changement; être dans une logique d’aboutissement c’est déjà prendre du retard, il faut sans cesse apprendre et progresser pour être utile et plus heureux.

Question 5: Peut on être heureux en étant consultant ?

 

Bien sûr, ce n’est pas le métier de consultant qui rend malheureux. Etre heureux est un état transitoire et on a sans cesse besoin de nouveaux accomplissements pour continuer à être heureux. C’est un vaste sujet dont on pourrait parler pendant des heures mais l’important c’est de trouver sa voie, savoir qui on est et ce qu’on aime faire ou pas. On en revient au fameux “Connais-toi toi même” socratique. Certains préfèrent travailler en équipe d’autres seuls, certains aiment travailler de chez eux, pour d’autres c’est inenvisageable. Il ne faut pas essayer de copier les recettes qui fonctionnent chez les autres car elles ne s’appliqueront probablement pas à vous. Il faut trouver sa propre voie et accepter sa propre évolution. Un bon chef de projet à 30 ans peut devenir un excellent consultant à 40 ans puis élever des chèvres dans le Larzac à 50 ans. La formation et la curiosité sont au coeur de cet épanouissement mais il faut savoir être à l’écoute de ses désirs tout en respectant ses propres valeurs. Cet équilibre, propre à chacun, permet d’accéder à une forme de bonheur qui n’est jamais acquise définitivement.

 

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Posted by Catherine MB&Scott le 30 mars 2017

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